COP, SCOP, consommation réelle : ce que votre pompe à chaleur va vraiment coûter
Un COP de 5 sur la brochure, une facture qui grimpe l'hiver : comprendre les indicateurs de rendement évite les déceptions et permet de calculer sa consommation avant d'acheter.
Camille RouxRédactrice spécialisée rénovation · Publié le 11 juin 2026 · Mis à jour le 5 septembre 2026 · 7 min de lecture
Le vendeur promet un COP de 5, votre voisin se plaint d'une facture électrique doublée : entre les deux, il y a la physique. Voici comment lire les indicateurs de rendement d'une pompe à chaleur et estimer votre consommation réelle avant de signer.
COP, SCOP, ETAS : trois mesures, trois réalités
COP (coefficient de performance) : rapport entre la chaleur produite et l'électricité consommée à un instant donné, en général +7 °C dehors et 35 °C d'eau. Un COP de 4 signifie 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité. Flatteur, mais peu représentatif.
SCOP (COP saisonnier) : moyenne pondérée sur une saison de chauffe type. C'est l'indicateur à comparer entre modèles. Un bon SCOP : 4 à 5 pour de l'eau à 35 °C, 3 à 3,5 à 55 °C.
ETAS (efficacité énergétique saisonnière) : le pourcentage figurant sur l'étiquette énergie. 125 % minimum pour les aides, 150 à 180 % pour les meilleures PAC.
Ce qui fait chuter le rendement
Facteur
Impact sur le COP
Température extérieure de +7 °C à -7 °C
− 30 à − 45 %
Eau à 55 °C au lieu de 35 °C (radiateurs anciens)
− 25 à − 35 %
Cycles courts (PAC surdimensionnée)
− 10 à − 20 %
Dégivrages fréquents (air humide entre 0 et 5 °C)
− 5 à − 15 %
Régulation « tout ou rien » sans loi d'eau
− 15 à − 25 %
Calculer sa consommation en trois lignes
1. Estimez vos besoins de chauffage : environ 50 kWh/m²/an pour une maison bien isolée, 100 pour une maison moyenne, 150 et plus pour une passoire. Pour 100 m² moyens : 10 000 kWh.
2. Divisez par le SCOP réel attendu (3,5 avec plancher chauffant en zone tempérée, 2,8 avec radiateurs en zone froide) : 10 000 / 3,2 = 3 125 kWh électriques.
3. Multipliez par le prix du kWh (≈ 0,22 € en 2026) : ≈ 690 € par an, eau chaude en sus (600 à 900 kWh, soit 130 à 200 €).
Exigez un compteur d'énergie sur la PAC (souvent intégré à la régulation) : il affiche l'énergie produite et consommée. Un SCOP mesuré inférieur de plus de 20 % à la valeur annoncée signale un défaut de réglage ou de dimensionnement, à faire corriger sous garantie. Pour comparer les technologies, consultez le guide prix des pompes à chaleur.
Le SCOP selon votre zone climatique : ce que les fiches ne disent pas
Le SCOP affiché sur l'étiquette énergie est calculé pour le climat « moyen » européen (Strasbourg, dans la norme EN 14825). Il existe aussi un SCOP « chaud » (Athènes) et un SCOP « froid » (Helsinki), rarement communiqués mais disponibles dans la fiche technique du constructeur. Selon votre département, la valeur pertinente peut différer de 20 à 30 %.
Zone
Départements types
Température de base
SCOP réel attendu (PAC SCOP 4,3 en climat moyen)
Méditerranéenne
13, 06, 34, 83, 66
−2 à −5 °C
4,6 à 5,0
Océanique
44, 33, 35, 29, 17
−4 à −6 °C
4,2 à 4,6
Tempérée / Bassin parisien
75, 78, 45, 41, 37
−7 °C
3,9 à 4,3
Semi-continentale
69, 21, 25, 54, 57
−9 à −12 °C
3,5 à 4,0
Continentale / montagne
67, 68, 88, 73, 74, 05
−12 à −18 °C
3,0 à 3,6
Ces écarts expliquent pourquoi une même PAC est un excellent choix à Nantes et un choix plus délicat à Strasbourg, où la géothermie ou une PAC hybride reprennent l'avantage. Demandez à l'installateur la puissance restituée à la température de base de votre zone, pas seulement à +7 °C.
L'eau chaude sanitaire : le poste oublié
La production d'eau chaude représente 15 à 25 % de la consommation d'une PAC dans une maison bien isolée, et jusqu'à 40 % dans une maison BBC. Or c'est le poste où le rendement est le plus faible : l'eau est chauffée à 50-55 °C (COP de 2,5 à 3 au lieu de 4), et les cycles anti-légionelles à 60-65 °C font parfois appel à la résistance électrique.
Pour une famille de 4 personnes (200 litres par jour), la production d'eau chaude par la PAC consomme environ 900 à 1 200 kWh/an, soit 200 à 280 €. Trois façons de réduire cette part : programmer la chauffe en heures creuses ou en journée solaire, régler la consigne à 52 °C avec un cycle anti-légionelles hebdomadaire, et isoler les canalisations d'eau chaude (bouclage compris). Un chauffe-eau thermodynamique séparé peut être plus efficace qu'une PAC de chauffage sollicitée pour l'ECS en été.
Comparer la facture : PAC contre gaz, fioul, granulés, électrique
La question qui compte est celle du coût par kWh de chaleur utile. Voici la comparaison avec les tarifs constatés en 2026 (tarifs réglementés et prix moyens de marché, hors abonnement) pour une maison consommant 15 000 kWh de chaleur par an.
Énergie
Prix du kWh d'énergie
Rendement / COP
Coût du kWh utile
Facture annuelle (15 000 kWh)
Radiateurs électriques
0,25 €
1
0,25 €
3 750 €
Fioul
0,12 €
0,85
0,14 €
2 100 €
Gaz à condensation
0,11 €
0,95
0,116 €
1 740 €
Granulés de bois
0,08 €
0,90
0,089 €
1 330 €
PAC air/eau (SCOP réel 3,2)
0,25 €
3,2
0,078 €
1 170 €
PAC air/eau (SCOP réel 4,0)
0,25 €
4,0
0,063 €
940 €
Géothermie (SCOP réel 4,8)
0,25 €
4,8
0,052 €
780 €
La PAC ne bat le gaz que si son SCOP réel dépasse 2,3 environ, et le granulé que s'il dépasse 2,8. C'est le cas de presque toutes les installations correctes ; ce n'est pas le cas des installations bâclées de la section précédente. La marge de sécurité est donc réelle mais pas illimitée : le soin apporté à l'installation décide de la rentabilité.
Suivre sa consommation : les bons outils
La plupart des PAC récentes affichent leur consommation et leur production sur l'écran de commande ou une application ; ce compteur interne est approximatif (± 10 %). Pour une mesure fiable, faites poser un sous-compteur électrique dédié (80 à 200 €) sur le circuit de la PAC, ou utilisez une prise ou un module de mesure connecté sur le disjoncteur. Comparez ensuite chaque mois les kWh consommés aux degrés-jours de votre station météo la plus proche (données gratuites) : un rapport stable signifie une installation saine, une dérive signale un encrassement, une fuite de fluide ou un déréglage.
Deux chiffres à retenir : une maison de 100 m² correctement isolée en zone tempérée consomme 2 500 à 4 000 kWh d'électricité par an pour son chauffage par PAC air/eau ; au-delà de 6 000 kWh, quelque chose ne va pas et une visite de contrôle s'impose.
Questions fréquentes
MaPrimeRénov' exige une ETAS ≥ 111 % pour les PAC basse température et ≥ 126 % pour les modèles haute température, soit un SCOP d'environ 3 à 3,5.
Souvent, passer de 6 à 9 kVA suffit pour une PAC de 8 à 10 kW ; le surcoût est d'environ 50 € par an.
Seulement pour l'eau chaude et l'éventuel rafraîchissement ; en veille, quelques dizaines de kWh par an.
Le prix de l'électricité et celui du gaz évoluent en général dans le même sens. Une PAC divise la consommation par 3 à 4 ; même avec une électricité 30 % plus chère, elle reste moins coûteuse à l'usage que le gaz, le fioul et l'électrique direct. Le solaire photovoltaïque en autoconsommation réduit encore l'exposition à la hausse.
Il donne la consommation totale du logement, pas celle de la PAC seule. Il permet néanmoins de comparer l'hiver avant et après installation. Pour isoler la PAC, un sous-compteur ou un module de mesure sur son disjoncteur est nécessaire.
Camille RouxRédactrice spécialisée rénovation
Journaliste habitat depuis 12 ans, Camille suit les prix du marché, les aides publiques et les retours de chantier des artisans du réseau. Chaque article est relu par un artisan du métier concerné.